Marché carbone de l’UE

Le Système européen d’échange de quotas d’émissions (SEQE-UE) a été créé en 2005 et comprend plus de  11.000 installations à travers l’Espace économique européen, englobant environ 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Europe. Le SEQE-UE est un système « de plafond et d’échange », le « plafond » déterminant le montant total de gaz à effet de serre que les entreprises ont le droit d’émettre. Conformément à ce plafond, qui diminue chaque année, les entreprises reçoivent ou achètent des quotas d’émissions qu’elles peuvent échanger au besoin.

Depuis ses débuts, le SEQE-UE souffre d’un surplus de quotas d’émissions, ce qui a conduit à un prix trop bas pour enclencher une transformation respectueuse du climat. Les principales causes à l’origine de ce signal-prix trop bas étaient les suivantes : un objectif général qui manque d’ambition,  la crise économique qui a commencé en 2008, et l’afflux de crédits internationaux. 

La pandémie de coronavirus et la récession économique qui en résulte ont initialement provoqué une nouvelle chute des prix, alors que ces derniers se maintenaient autour des 25 euros depuis 2 ou 3 ans.

La Réserve de Stabilité du Marché du SEQE-UE (RSM) absorbe les excès de quotas du marché et aide à résorber les surplus hérités du passé. Toutefois, comme nous l’avons constaté lors la pandémie, la RSM n’est actuellement pas armée pour faire face à des chocs soudains ou à d’autres surplus dans le futur.

A partir de 2021, le SEQE-UE sera révisé dans le cadre du nouveau Green Deal européen. Carbon Market Watch préconise une trajectoire de réduction des émissions plus marquée et un renforcement de la Réserve de stabilité du marché.

Dans le même temps, les gouvernements de l’UE pourraient participer au renforcement du système en annulant les quotas excédentaires lors de la fermeture de centrales électriques. Par ailleurs, la mise en place de prix planchers du carbone, que ce soit au niveau régional ou national, constituerait une mesure idéale de renforcement du SEQE-UE et fournirait les incitants nécessaires à une sortie progressive du charbon.