Il est temps d’embarquer le secteur maritime dans des actions de lutte contre les changements climatiques

Après 20 années de procrastination, le secteur maritime a enfin commencé à discuter d’une stratégie de lutte contre ses émissions, qui représentent presque 2.2% des gaz à effet de serre mondiaux pour 2012. En juin dernier à Londres, au siège de l’instance onusienne maritime, s’est tenue la première séance d’un groupe de travail visant à définir une stratégie climatique. Les délégués vont avoir besoin de s’imprégner de « l’esprit de Paris » pour passer à l’action lors de la poursuite de leurs travaux.

Eté 2017 – l’instance onusienne maritime, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a commencé à discuter un peu plus sérieusement du climat. Il est maintenant temps pour les délégués de hisser les voiles.

Au contraire du transport aérien, le transport maritime était autrefois un mode de transport ne générant pas de CO2. Aujourd’hui toutefois, il est responsable de près de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et a un effet encore plus grave sur le réchauffement climatique si on prend en compte l’effet des émissions de carbone noir.  Bien que l’industrie maritime mondiale actuelle présente une surcapacité de navires par rapport aux marchandises à transporter, les émissions du secteur maritime pourraient augmenter de près de 250% d’ici 2050.

Le Protocole de Kyoto en 1997 demandait aux Parties de s’attaquer aux émissions issues du transport maritime via l’OMI, mais 20 ans plus tard, peu de mesures ont été prises.  Au moins, depuis que la Conférence de Paris a mis en avant l’importance de la lutte mondiale contre les changements climatiques, l’industrie subit une pression croissante l’incitant à agir. En conséquence, l’OMI s’est engagée à présenter une stratégie climatique globale d’ici 2023.

Cela a pris trop de temps pour en arriver là et l’OMI a maintenant besoin de passer à la vitesse supérieure. Néanmoins,  lorsqu’on aborde les objectifs, il est judicieux de démarrer avec une idée plus précise de ce que sont réellement les émissions. A cet effet, l’OMI s’est engagée à rassembler des informations sur les consommations de carburant des navires dès 2018.

Bien que la plupart des pays ne prennent pas en compte les émissions du transport maritime international dans leurs engagements de lutte contre les changements climatiques couverts par l’Accord de Paris, ces émissions sont clairement créées par l’homme et sont par conséquent reprises dans ce même Accord. Les pays qui siègent à l’OMI sont les mêmes que ceux qui ont signé l’Accord de Paris, mais beaucoup n’ont pas encore adopté de politiques ou positions cohérentes dans les institutions onusiennes.

Diverses possibilités pour un transport maritime plus respectueux du climat

Il y a beaucoup de possibilités pour la décarbonisation du transport maritime et beaucoup de chemins vers le « zéro-émission » d’ici 2050, mais des décisions et actions rapides sont nécessaires. Avec une durée de vie de 30 ans et plus, les navires commandés aujourd’hui seront encore là d’ici le milieu du siècle.

Sans en revenir aux bateaux à voile (bien que pourquoi pas, cela est actuellement étudié), un certain nombre de pistes « zéro-émission » existent déjà, ayant recours à diverses technologies : les navires pourraient être construits d’une manière plus performante, ils pourraient devenir électriques et/ou utiliser des combustibles alternatifs. La solution réside sans doute dans une combinaison de ces éléments.

Compte tenu du rôle du transport maritime dans la lutte contre les changements climatiques, l’OMI a tenu une réunion du groupe de travail intersessions la dernière semaine de juin, réunion qui s’est poursuivie avec une réunion du Comité de Protection du Milieu Marin (MEPC) la première semaine de juillet. La stratégie de départ pourrait être présentée l’année prochaine, mais prendre des mesures dès à présent est tout aussi important : le monde ne peut pas se permettre de poursuivre un investissement dans des bateaux sales. Les pays ont aussi besoin d’inclure les plans pour le climat du secteur maritime dans le processus de bilan de l’Accord de Paris qui commencera l’année prochaine avec le « dialogue facilitatif ».

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