WATCH THIS! Lettre d’Information des ONG n°12: Le recyclage devrait faire partie des NAMAs sur la gestion des déchets solides

IMG_2459-1shkdLe gouvernement indien est déterminé à traiter les questions de mauvaise gestion des déchets en développant une NAMA sur la gestion des déchets solides. Toutefois, les propositions déposées concernent des technologies nocives, telles que l’incinération des déchets, et négligent le recyclage en tant qu’option plus prometteuse pour réduire les émissions et contribuer à générer des avantages connexes.

Il est clair que l’Inde disposera de sa propre NAMA (mesure d’atténuation appropriée à l’échelle nationale) concernant la gestion des déchets solides et les forêts. La mise en place d’une NAMA sur la gestion des déchets solides serait utile à de nombreux pays en développement. Les émissions de gaz à effets de serre du secteur des déchets (y compris les eaux usées) ne représentent que 3 pour cent des émissions. Compte tenu du fait que la plupart des villes des pays en développement se trouvent face à la menace des ordures, une initiative dans ce domaine serait la bienvenue pour tous, par exemple en faisant en sorte que les villes soient propres et vivables et en réduisant les émissions de carbone. Le moment ne pourrait pas être mieux choisi car le gouvernement nouvellement élu de M. Narendra Modi a annoncé Swachh Bharat Abhiyaan – une campagne pour une Inde propre – après son investiture. Il souhaite éliminer la défécation en plein air et les ordures d’ici à 2019.

Pour initier les discussions, la GIZ (agence allemande de soutien au développement durable) avec l’approbation du ministère de l’Environnement, des forêts et des changements climatiques a entrepris une étude de faisabilité pour élaborer une NAMA dans le secteur de la gestion des déchets solides. Cette étude a révélé que l’accent devait être mis sur le traitement, à savoir le compostage des déchets organiques, avec envoi des restes dans des usines de ciment pour servir de combustible. Swachh Bharat Abhiyaan reconnait que le compostage est un pilier essentiel et suggère, par ailleurs, d’utiliser les déchets comme ressources énergétiques.

Si ces deux approches paraissent similaires, elles comportent un défaut essentiel : il n’est fait aucune mention du recyclage. L’incinération pour produire de l’énergie ou du combustible pour les usines de ciment générera une augmentation des émissions de carbone. Poursuivre sur cette voie est inacceptable Actuellement, nous ne disposons d’aucune preuve empirique de l’ampleur de la réduction des émissions par le recyclage, mais nous pensons que le recyclage reste plus écologique que l’incinération.source_Hasiru Dala, Bangaloreshkd

Dans le cadre des études de faisabilité, l’Inde et bon nombre d’autres pays en développement doivent explorer le potentiel de l’industrie du recyclage. Tout d’abord, parce qu’elle contribue à réduire les émissions de carbone, et ensuite, parce qu’elle offre des moyens de subsistance aux habitants. Selon des estimations divergentes, plus d’1 % des habitants des villes vit du ramassage des déchets, en les envoyant dans des centres de recyclage. Leur rôle n’est pas dûment reconnu. Mener une étude de faisabilité sur le recyclage en tant qu’alternative aux technologies proposées permettra d’optimiser le potentiel de ce secteur ainsi que les avantages connexes, grâce auxquels les ramasseurs de déchets et les autres travailleurs informels du secteur seront dûment reconnus comme des ‘fonctionnaires écologistes’ ou de véritables environnementalistes. Par ailleurs, cette mesure viendrait compléter la vision du premier ministre qui prône le ‘Make in India’. Il est impossible de suivre la voie de la production et du ‘Make in India’ sans placer le recyclage au cœur de notre action.

Pour conclure, nous avons besoin de synergies entre les lois nationales (règles) sur la gestion des déchets solides en mettant l’accent sur le recyclage, Swachh Bharat Abhiyaan et les NAMAs. C’est par ce biais que nous pourrons veiller à ce que les actions reflètent les objectifs de développement nationaux et génèrent des avantages connexes. Il est essentiel de mettre ces mesures en place en Inde, mais aussi dans d’autres pays, tels que la Zambie, la Colombie, l’Indonésie, les Philippines, qui suggèrent d’intégrer la gestion des déchets solides dans leur NAMA.

Par Kabir Arora,logo Indian wespickers
Coordinateur national de l’alliance des ramasseurs de déchets indiens et membre du conseil du Indian Youth Climate Network. 


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