WATCH THIS! Lettre d’Information ONG #11: ”Visite des institutions financières internationales : des activistes se rendent en Europe pour parler de responsabilité en matière de financement pour la lutte contre le changement climatique”

JulianeDes activistes venant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale ont rencontré les institutions financières et les décisionnaires impliqués dans le financement de projets de développement afin de partager leurs expériences avec les mécanismes existants d’atténuation des changements climatiques, tel le Mécanisme de développement propre (MDP), et de souligner les graves impacts de ces mécanismes de l’ONU sur les droits de l’homme fondamentaux. La responsabilité en matière de financement pour la lutte contre le changement climatique fut donc abordée sous une perspective européenne.

Du 8 au 27 mars, 7 activistes venant d’Asie, d’Afrique et d’Amérique centrale se sont rendus en Europe afin d’attirer l’attention sur les impacts que les projets d’atténuation des changements climatiques, mis en place dans le cadre de la lutte contre le changement climatique de l’ONU, peuvent avoir sur les communautés locales affectées. Ils se sont rendus en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne ainsi qu’en Finlande, et ont participer à des réunions avec d’importants décisionnaires et banques de développement.

Parmi ces activistes se trouvait Maximo Ba Tiul, un représentant de la communauté indigène Maya Poqomchi-Q’eqchi affectée par la construction imminente d’un barrage hydroélectrique au Guatemala. Malgré un violent conflit opposant les communautés à la compagnie d’énergie, le barrage hydroélectrique de Santa Rita a été approuvé comme Mécanisme de développement propre de l’ONU en juin 2014. Parmi les banques participant au financement de ce projet, l’on retrouve la banque de développement des Pays-Bas et celle d’Allemagne, ainsi que la Banque mondiale.

Lors d’une réunion avec la Banque de développement hollandaise (FMO) et la Banque de développement allemande (DEG), M. Ba Tiul a fourni un compte rendu de premier ordre concernant les graves impacts pour les communautés indigènes affectées par le projet Santa Rita, dont notamment les expulsions, les arrestations des opposants au projet et les exécutions extrajudiciaires. Une plainte auprès du Conseiller-médiateur Ombudsman (CAO) de la Société financière internationale (SFI) de la Banque mondiale est toujours en attente de traitement.

Afin de réfléchir à cette situation, un évènement fut organisé au Parlement européen le 24 mars pour aborder la responsabilité des contributions financières de l’UE dans la lutte contre le changement climatique.
Jule - HR

Les débats avec les diverses institutions ont démontré le besoin de se pencher davantage sur les impacts des projets d’atténuation des changements climatiques, soulignant également la nécessité de garanties et d’exigences de consultations publiques plus strictes. En outre, il est ressorti qu’une approche basée sur les droits de l’homme pour les mesures d’atténuation des changements climatiques devenait urgente, en particulier pour le nouvel accord sur le climat qui sera signé à Paris d’ici la fin de l’année. Étant donné l’implication des institutions financières européennes dans le financement des projets d’atténuation des changements climatiques, il est indispensable que l’UE affirme sa position en matière de droits de l’homme et clarifie la responsabilité de ses contributions financières pour le climat.

Pour de plus amples informations sur cette affaire, lisez un article récemment publié dans The Guardian ici. Rendez-vous dans la prochaine édition de Watch This! afin d’en savoir plus sur l’issue de la procédure de plainte auprès du CAO et sur l’impact que cela pourra avoir sur les décisions des banques impliquées.

Juliane Voigt – Chercheur, Carbon Market Watch  cmw


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